100% cambodgien, le tissage du Krama, héritage du Royaume des Khmers, est un art subtil qui tend à être découvert.

Un savoir-faire traditionnel cambodgien

Symbole pour le peuple khmer et fierté cambodgienne, le Krama traditionnel à carreau bleu ou rouge est une étole tissée avec un métier à tisser en bois dans la province de Kampong Cham, à base de coton (nommé Samley). On trouve également des déclinaisons en soie notamment dans la province de Takéo.

Si traditionnellement, le coton était filé à la main puis laissé tremper dans du riz avant d’être teinté naturellement jusqu’à obtention de la couleur souhaitée, des colorants chimiques sont aujourd’hui privilégiés pour une plus large gamme de teintes. Les teintures naturelles proviennent de feuilles, d’écorces d’arbres (rouge), ou encore de fruits bouillis (gingembre) qui apportent ces tons ocres ou indigo au tissu et font de cet héritage un produit durable et éco-responsable.

Le Krama Baseth, connu pour sa couleur rouge caractéristique, est fabriqué à partir d’une plante locale nommée « Thleah ».

Jeu de patience et de rigueur, la conception d’un Krama d’un mètre soixante-dix nécessite minimum huit heures et assure un rôle économique important notamment dans les campagnes.

Le Krama de soie est privilégié pour les mariages, les grandes occasions et convoité des riches cambodgiens pour se démarquer des paysans tandis que son acolyte de coton est un indispensable du quotidien utilisé par tous. 

cambodge krama artisanal

Une utilisation diverse et variée

Le Krama joue de multiples rôles dans la vie quotidienne et on le retrouve également dans d’innombrables situations improvisées.

En effet, porté autour du cou comme en occident, il est également un précieux instrument de protection contre le soleil brûlant de l’après midi lorsqu’il est enroulé sur la tête. On se couvre la bouche pour se protéger de la poussière et des pots d’échappement en roulant et on l’utilise même pour réparer les pneus de vélos.
Fidèle compagnon robuste, on en fait un siège complémentaire pour les bébés, les enfants se l’approprient pour jouer au Ballon prisonnier « Cha-Ol-ong », et il est également transformé en hamac, moustiquaire et couvre lit.

Fierté nationale, le Krama a fait l’objet d’une consécration dans le livre des records, lorsque GoGo Cambodia a décidé de tisser à la main un foulard de 1000 mètres de long, exposé au musée National de Phnom Penh.

Un souvenir social et éthique

A la recherche d’un cadeau traditionnel utile et unique lors de votre prochain voyage au pays du sourire ? Le Krama est votre solution.

Disponible dans les villages de campagne directement chez les particuliers, le Krama se vend également majoritairement sur les différents marchés de province et de la ville entre 1 et 5 dollars selon les tailles (et l’art de la négociation).
Eloigné, vous pouvez toujours demander à un expatrié de vous en ramener, ou bien commander en ligne sur certains sites.

Le Krama est également un objet prisé des photographes et des peintres, à l’image de l’artiste voyageur André-Louis Becht ayant proposé une série de peintures sur ce thème en 2017.

Source photo : Mathilde VASSEUR - Photographe