Caractérisée par des promotions et des réductions folles, la journée mondiale du Black Friday est aujourd’hui contrebalancée par des actions responsabilisées. Zoom sur cette journée plus que controversée.


Origines et controverses

Tradition nord-américaine célébrée le lendemain de Thanksgiving, le Black Friday, surnommé le « Vendredi Noir » en français, correspond à l’ouverture de la période des achats de fin d’année. Connue pour ses réductions spectaculaires, cette journée a rapidement évolué vers un week-end prolongé de soldes, avantages et autres réductions.

L’origine du terme reste encore méconnue. Pour certains, le Black Friday ferait référence aux mentions des policiers de Philadelphie en 1961 pour décrire les embouteillages et débordements causés par les acheteurs. Pour d'autres, cette journée est assimilée (sûrement à tort) à celle d’une vente d’esclaves noirs bradés sur le marché de la place publique. En outre, s’il a existé un jour noir lié à l’inflation du cours de l’or au 19ème siècle, cette crise des marchés boursiers ne saurait être liée à l’événement connu aujourd’hui. Enfin, une dernière légende fait référence aux livres et écritures comptables, passant du rouge (négatif) au noir (bénéfice) grâce à cette période de soldes, boosters de revenus pour les commerçants.

Controversée, le Black Friday fait l’objet de nombreuses critiques à cause de ses promotions indécentes incitant à la surconsommation. Le phénomène s’est rapidement mondialisé : en France, les achats en ligne ont bondi de 70% en 2017 tandis que plus de 50 millions de transactions bancaires ont été enregistrées en 2018. A l’inverse, certains acteurs engagés ont fait de ce jour de réduction, la journée de promotion des consommations responsables (Green, Fair ou White Friday).

Une pluralité d’alternatives pour un Black Friday responsable

Achats en ligne et achats compulsifs, les achats massifs de cette journée de solde n’en sont pas moins désastreux pour l’environnement. Amazon avait même indiqué que la vérification d’un produit retourné demeurait plus couteuse que sa destruction pure et simple.
Les nouveaux consomm'acteurs mettent le holà à ces pratiques compulsives, et préfèrent les achats au calme, répondant à leurs besoins. Par ailleurs, certaines marques contournent la pratique consumériste du Black Friday autour d’incitations à la consommation responsable. A titre d’exemple, en 2018, Naturalia a fait de cette journée, un Vrack Friday pour mettre en avant les achats sans emballages (graines, riz, pâtes..).

 La riposte du Green Friday

Créé avec le soutien de la ville de Paris par ENVIE en 2017, le Green Friday est un collectif d’associations et d’entreprises réunissant plus de 180 entités qui mènent des actions de sensibilisation. Partageant une multitude d’idées pour ne pas céder à la surconsommation, le Green Friday dénonce l’hyperconsommation promue lors de ce jour noir et ses conséquences sur l’environnement. Impliquant la surproduction de biens manufacturés voraces en ressources et en énergies non renouvelables, les soldes du Black Friday ne sont aujourd’hui plus très à la mode.

Le collectif souligne que les actions individuelles peuvent faire changer les mentalités et impacter les décisions collectives, et soutient que l’acte d’achat reste un choix fort. Parmi les actions proposées, les marques du collectif ne font aucun rabais sur leurs produits et reversent 10% du chiffre d’affaires de cette journée à des associations engagées pour la consommation responsable. En outre, une multitude d’ateliers et de conférences est organisée : réparation, couture, tricot, location ou encore récupération voient le jour partout en France.