Le triste sort des collections démodées

La société de consommation a conduit à la démultiplication des collections. En outre, l’industrie de la mode est également l’une des plus polluantes. Chaque année la moitié des productions est détruite et les coûts économiques et écologiques sont de plus en plus importants.

En 2018, une enquête menée par la société Eco TLC et un reportage diffusé sur la chaîne France 2 faisaient le constat des nombreux vêtements démodés. Ces invendus étaient pour certain expédiés au Sénégal, pour être destockés en toute discrétion tandis que d’autres étaient tout simplement brûlés. Des marques, plus responsables, ont quant à elles mis en place des politiques de donations à des associations.

A l’heure actuelle, seul 1% des vêtements confectionnés est recyclé. Ce manque conduit ainsi à des pertes annuelles de plus de 100 milliards de dollars sans compter les coûts d’incinération.

En France, le fondateur de la célèbre association Le Relais indique une collecte de plus de 110.000 tonnes de vêtements d’occasion par an. Il souligne également être de plus en plus sollicité par les marques pour des dons. Par ailleurs, un régime prévoit une réduction de 60% du prix de revient de la marchandise donnée, dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Les prémices d’une industrie responsable

Aujourd’hui, la manière de concevoir, produire, acheter, utiliser puis recycler doit être revue afin de construire l’industrie textile de demain.

En France, après les engagements pris par le gouvernement dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’année 2019 marque un tournant dans le textile. À l'instar de ces mesures, la feuille de route pour l'économie circulaire vise à ce que les metteurs sur le marché et distributeurs de vêtements ne puissent plus rendre impropres à l'utilisation initiale leurs invendus et soient obligés de les donner à des associations caritatives.

Le projet de loi sur l’économie circulaire prévoit une disposition pour interdire l’élimination des invendus, assortie d’une sanction de 450 euros par vêtement en cas de non-respect.

Le développement de nouvelles solutions

La mode responsable ou encore l’économie circulaire apparaissent comme solution à cette industrie de masse. Les grandes marques de prêt-à-porter prennent désormais conscience des impacts de leur industrie et se tournent vers des solutions durables. Zara a récemment annoncé une production à 80% responsable d’ici 2023 tandis que Nike a institué un Index pour la production et les fournisseurs responsables. Enfin, H&M a annoncé l’utilisation de matériaux 100% recyclés, ou biosourcés d’ici à 2030.

Par ailleurs, la mode responsable inclut notamment l’utilisation de matières durables et recyclables, moins polluantes et énergivores. Par exemple, le recyclage du plastique est une solution innovante pour la production des futures collections.

Enfin, de nouveaux modèles économiques voient le jour, dont notamment la location d’un nombre de vêtement par mois, les services de garanties, réparations et remplacements afin d’encourager la longévité des articles ou encore le renforcement des dépôts-ventes ou des reprises de vêtements non utilisés.