Si le cuir a longtemps été convoité, ses utilisateurs se tournent désormais vers des alternatives végétales et des similis afin de s’aligner notamment avec leurs convictions écologiques et environnementales. Aussi inédites qu’insolites, les nouvelles alternatives sont de plus en plus nombreuses, à l’image du cuir végétal fabriqué à partir de cactus récemment développé par deux jeunes entrepreneurs mexicains. Initiée par les défendeurs de la mode vegan, la tendance au cuir végétal s’est rapidement étendue à l’ensemble des consommateurs. Du simili cuir aux concepts végétaux les plus innovants, le « nouveau cuir » se développe auprès des Maisons de Haute Couture, des grandes marques et des petits créateurs.

Décryptage des alternatives classiques au cuir 

Résistantes et durables, les matières les plus connues en tant qu’alternatif au cuir animal sont le polyuréthane, l’alcantara, ou encore le dinamica, une microfibre ressemblant à du daim.

Communément, les cuirs synthétiques connus sous les termes « simili cuir » ou « skaï » sont élaborés à partir du pétrole et plus précisément à partir de chlorure de polyvinyle ou de polyuréthane. Outre le PVC, le PU est également utilisé en tant que cuir synthétique et connu pour sa souplesse. Il est toutefois deux fois et demi plus cher que le cuir synthétique tiré du PVC.

Ces cuirs synthétiques, issus de l’industrie fossile, ne sont pas des plus responsables puisqu'ils polluent énormément. C’est ainsi que de nouveaux substituts autant innovants qu’originaux voient le jour.

Panorama des nouvelles tendances innovantes,
alternatives écologiques au cuir

Depuis longtemps, le cuir d’ananas également appelé Piñatex a été utilisé et constitue un tissu étanche pouvant être teint et prendre différentes textures. Tiré de la feuille d’ananas, et surtout biodégradable, il permet de valoriser les chutes d’ananas depuis la fin des années 1990, notamment en Asie du sud-est. Solide et peu coûteux, cette fibre est d’ores et déjà utilisée par de nombreuses marques comme Hugo Boss, Puma et Camper dans la production de chaussures.

D’autres fruits sont également valorisés pour se substituer au cuir, notamment afin de récupérer les invendus (peau de nectarine de mangue ou encore de pomme déshydratée par exemple). Ecologique, responsable et économique, cette optimisation a été élaborée par des étudiants néerlandais.

Nouveaux venus, il ne faut pas oublier le cuir de vigne conçu à partir du raisin (tiges et pépins) ou encore le cuir en peau de champignon du nom de MuSkin. Ce cuir tiré des racines de la plante champignon, est l’un des plus sûrs pour le corps humain, et utilisé en médecine chinoise depuis plusieurs années déjà.

Toujours dans le végétal, le cuir d’hévéa est fabriqué à partir de latex, tandis qu’un autre cuir est désormais développé à partir de celluloses récupérées dans du thé Kombucha.

Le cuir, une filière dynamique

Si les alternatives classiques et originales sont aujourd’hui répandues sur le marché, à l’image des cuirs synthétiques ou des cuirs de fruits, les recherches et développement continuent à perdurer.

C’est ainsi qu’un professeur américain, spécialiste de la chimie a récemment créé un cuir 100% vegan combinant des matériaux naturels comme le lin.

En outre, le cuir de liège résistant et imperméable, est également élastique, léger et écologique. Fabriqué à partir de l’écorce des chênes-lièges, ce cuir est naturel et se retrouve fréquemment dans les régions méditerranéennes.

Symbole de l’économie circulaire, il faut également mentionner le cuir de chambre à air, fait à partir de matières synthétiques recyclées.

Synthétique ou végétale, les matières de substitution au cuir animal se déploient à grande échelle et viennent combler les consommateurs toujours plus exigeants et engagés. Si vous aussi, vous recherchez des alternatives durables et responsables, de nombreux acteurs proposent désormais des solutions pour oublier le cuir animal et se tourner vers des solutions véganes.

 

Article par Mathilde Vasseur.