Le cuir est une matière animale transformée par les tanneries et les mégisseries. Le cuir peut être issu de plusieurs animaux, mais les plus courants sont ceux de vache, chèvre, agneau, porc ou encore serpent.
Les débats mentionnent souvent le simili cuir ou Skaï, à savoir un cuir issu non pas de la peau animale mais d’une transformation chimique liée au pétrole.

Des propriétés insoupçonnées 

Indéniablement reconnu comme résistant, le cuir a longtemps été privilégié pour la création de chaussures. Doté de propriétés thermiques importantes, le cuir est utilisé été comme hiver. Si l’hiver il permet de tenir chaud, il est un précieux anti-transpirant et antifongique l’été avec ses capacités de captation de vapeur d’eau.

Saines et douces, les chaussures en cuir ont longtemps été considérées comme confortables dans la mesure où elles limitent les irritations liées aux frottements.

Un artisan ne manquera pas de vous rappeler quelques conseils pour identifier un cuir de qualité (vue, touché et odeur notamment) mais ils ne constituent pas des vérités. En effet, reconnaître un cuir de qualité est avant tout une affaire de sensations, et tout débute lors de l’élevage. Les conditions d’élevage ont un impact sur le produit final et seul un animal choyé produira un cuir de qualité. Le stress survenu lors de l’abattage ou encore les conditions de conservation avant l’envoi en tannerie sont également des facteurs influant sur la qualité de la matière

Un impact environnemental controversé

Né de la valorisation de la peau des animaux producteurs de lait et de viande, le cuir fut initialement le moyen de valoriser un déchet supplémentaire (la peau). Valorisée, la peau a alors rapidement été utilisée dans la mode et le design pour la production de maroquinerie, de chaussures mais également de vêtements. Malheureusement, la production massive a joué en défaveur de la filière : provenance chinoise, conditions déplorables de travail dans les tanneries ou encore surexploitation des ressources n’ont fait qu’assortir cette industrie de nombreuses critiques.

Tiré de l’élevage, le cuir est une matière animale proscrite notamment chez les vegans. Récemment, des homonymes sont venus alimenter le langage des populations, parlant ainsi de cuir végétal ou végan. Ces cuirs, qui tendent à imiter le cuir animal, ne peuvent toutefois pas être assimilés au cuir. Ainsi, le conseil National du cuir rappelle régulièrement la définition et ne manque pas de qualifier ces matériaux de substitution d’abus de langage.

Controversé, le cuir essuie depuis longtemps de nombreuses critiques. Dans cette mesure, les marques et les tanneurs ont développé dans le cadre de leur politique de responsabilité sociale des cahiers des charges pour assurer le bien-être animal et garantir certaines conditions dans les élevages et abattoirs. 

Une filière toutefois engagée

Si cette matière fait l’objet de nombreuses controverses, plusieurs cuirs ont rapidement été protégés, à l’image notamment de cuirs exotiques pour protéger certaines espèces (comme le crocodile, le python ou le lézard).
Par ailleurs, soumise à la législation sur la protection de l’environnement, cette filière a pris des mesures concrètes. Désormais, les entreprises de transformation sont équipées de stations d’épuration performantes ; la consommation d’eau a été réduite de plus de 50%, et les innovations industrielles ont permis de limiter les émissions de solvants organiques dans l’air.

En janvier dernier, un livre blanc a d’ailleurs été publié par le Conseil National du Cuir « CNC » afin de dresser les démarches environnementales et les innovations mises en place par le secteur, et mieux faire connaître les initiatives expérimentées et surtout celles à venir. Toutefois, une zone grise subsiste encore, notamment sur la traçabilité du bétail ; Si les consommateurs demandent la provenance du cuir, et la France dispose d’un important cheptel et d’outils d’identification performant, le recul de la consommation de viande a nécessité notamment le maintien de l’importation de certaines peaux.